Chez le peintre charmant
Mon chemin artistique

Je m'ennuyais à mort à l'école primaire durant les cours de dessin, ou, devrais-je plutôt dire, de coloriage. Par contre, j'aimais beaucoup gribouiller et crayonner. Je dessinais sans relâche les professeurs, les élèves, la classe, les objets. Par la suite, j'essayais de saisir une image fugitive à la télé.

En voyage, j'apportais mes "Prismacolor" pour dessiner des paysages, des personnages... capter des scènes sur le vif. Il y a un plaisir tactile, sensuel et naturel à jouer avec des crayons de couleur. Picasso disait que pour être un grand créateur, il fallait d'abord redevenir un enfant et il ajoutait que cela lui avait pris beaucoup d'années pour redevenir cet enfant.

Bien s'exprimer est une chose, bien dessiner en est une autre; les deux peuvent par contre être heureusement associées. Le premier cheval que l'on dessine ressemble à tout sauf à un cheval. Le deuxième est mieux, le troisième est presque parfait, ainsi de suite. C'est avant tout la pratique qui donne des résultats. Le ressenti est primordial, tout comme en poésie. Pour bien créer, il faut mettre l'intellect en veilleuse. Les choses doivent se faire avec amour, plaisir et en conformité avec notre vérité profonde. C'est ce qui donne de l'âme et de la personnalité aux dessins d'un artiste. L'art est un langage de l'âme. Je n'ai ni formule ni recette, je réinvente chaque tableau.

Imiter ou copier les autres (sauf pour études) n'est pas le bon chemin à suivre, mais se copier soi-même, voire se répéter, est tout simplement pathétique. C'est avoir la prétention de détenir la vérité. Penser être "arrivé" est souvent signe que l'on n'a même pas "décollé". En art comme en tout, les sommets ne sont jamais atteints, tout est toujours perfectible et c'est ce qui est extraordinaire; on se rend compte avec le temps que ce n'est pas tant la destination qui est importante que le chemin parcouru pour y arriver. (M.G)
Marcel Gagnon artiste peintre

 

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