Archive pour la catégorie ‘ Contes ’

Le Cercle des conteurs du mont Saint-Hilaire vous invite

Mercredi 24 février 2010

Veillée de contes
au  Presse Café,

365, boul. Laurier, (Les Promenades de Savoy), Mont-Saint-Hilaire
SAMEDI LE 27 FÉVRIER 2010, à 19h00.

Programme

19h 00 :  Bienvenue
Albert Simon : Les trois questions
Pierre Lambert : La malédiction du manoir
Kees Vanderheyden : Le manège de Samuel de Champlain
Pause-détente, 10 minutes
Le banc du conteur : Que celui ou celle qui veut conter se lève!
Marc-André Caron : Un nouveau conte du dépanneur
Paul Savard : La messe chantée sur une île spéciale

 Contes à Villebon avec François Lavallée et Franck Sylvestre

Vendredi 12 février 2010

Le conteur de renom François Lavallée, nomade contemporain récipiendaire de la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie au Niger (2005), présente une nouvelle soirée de contes à Villebon en compagnie de son invité, Franck Sylvestre.

Venu conter à Villebon lors d’une soirée collective en 2008, Franck Sylvestre est de retour à la demande générale, pour le plus grand plaisir de tous. Conteur montérégien d’histoires internationales, Franck Sylvestre recrée l’Afrique en quelques animaux qui en disent long sur nous-mêmes…

Les deux conteurs vous promettent un voyage dans l’imaginaire inoubliable!

GRATUIT! OUVERT À TOUS!
Places limitées. Premiers arrivés, premiers assis.
Laissez-passer disponibles pour les Beloeillois(es). Détails à la Bibliothèque municipale.

INFORMATIONwww.beloeilsurlaculture.blogspot.com et 450 467-7872

Les Contes à Villebon avec François Lavallée et Franck Sylvestre
Jeudi, 18 février à 19h30
À la Maison Villebon
630, rue Richelieu
Beloeil *voisine de la Bibliothèque et du Centre culturel

Bienvenue chez vous!

Les trois rois manqués, conte de Kees Vanderheyden

Jeudi 21 janvier 2010

Le jour des Rois, les trois frères, Albert, Bernard et Charles étaient réunis avec leurs épouses, les trois soeurs Françoise, Suzanne et Isabelle, pour célébrer la fête des Rois. Ils avaient tous déjà un âge respectable, mais ils étaient pleins d’énergie et d’entrain. La maison d’Albert de Françoise, où ils étaient réunis, respirait la fête traditionnelle.

Les trois soeurs avaient préparé pour leurs maris le gâteau des Rois et une bonne provision de vin épicé, breuvage traditionnel des Rois. Sur le bureau attendaient la couronne du roi et de la reine, dont les élus seraient révélés plus tard. Les hommes étaient sortis sur la galerie pour accrocher l’étoile des Rois Mages, pendant que leurs épouses mettaient la table.

Le drame !

Hélas, le sort a voulu que pendant que les trois lurons attachaient tranquillement la belle étoile éclairée, un vilain coup de vent hurlant leur ait coupé la tête, net, sec. Les trois têtes flottaient maintenant, légères et surprises, hors de portée de tous, vers une destination inconnue.

Le sang-froid des trois soeurs

Les épouses bien-aimées entendirent le coup de vent, se précipitèrent dehors et découvrirent, horrifiées que leurs maris avaient perdu la tête. Ils étaient assis là, raccourcis, sans sang ni drame. Après un moment de panique, les trois soeurs reprirent leurs esprits et installèrent leurs bien-aimés sur le sofa dans le salon. Après avoir pleuré toutes les larmes de leurs corps, elles ont repris leur calme. Elles décidèrent de faire de mauvaise fortune bon coeur. Françoise se leva :

- Suzanne et Isabelle, il n’y aura pas de Fête des Rois, mais profitons du fait que nos maris ne peuvent plus faire à leurs têtes pour en faire des hommes presque parfaits.
- Au boulot, répondirent les trois, avant de retourner chez elles avec leurs rois manqués.

Une oeuvre de correction

Les trois soeurs se mirent au travail. Françoise se rendit compte que son Albert avait quand même perdu un peu d’énergie dans cette aventure tragique. Il avait tendance à se pencher et à s’asseoir tout le temps. Elle décida donc, après avoir consulté ses soeurs, d’acheter une bonbonne d’hélium et une boîte de ballons. Puis elle attacha un ballon bien gonflé à la place de la tête de son mari. Ainsi, tiré vers le haut, Albert se tenait bien énergique debout. Il lui arrivait de temps en temps de faire éclater le ballon quand il s’accrochait au lustre du salon, mais Françoise avait une bonne provision de ballons.

Il fallait maintenant apporter une bonne correction à son mari. Françoise décida que son Albert devait apprendre un art qu’il n’avait jamais voulu pratiquer : faire la vaisselle. Avec tact et patience, elle aidait son époux à faire tremper la vaisselle et à laver verres, tasses, assiettes et casseroles. Son homme cassait bien quelques assiettes au début de son entraînement, mais bientôt, il pratiquait à la perfection cet art précieux. Il savait même essuyer la vaisselle qui brillait désormais comme des soleils. “Quel beau triomphe pour un homme”, se dit fièrement Françoise. En plus, la maison ne sentait plus le cigare et elle pouvait désormais regarder ses émissions préférées au lieu d’avoir à endurer les innombrables joutes de hockey, de football et de baseball.

Chez Suzanne, la bonification du mari se passait plutôt bien. Bernard avait simplement un peu de difficulté à s’orienter dans la maison, vers la toilette ou vers la cuisine. Une idée vint à Suzanne d’installer une boussole à la place de la tête de son mari pour l’aider à trouver son chemin. Le truc fonctionnait, mais Bernard avait quand même tendance à choisir le Nord ou à se diriger vers le garage où se trouvait sa voiture sport dont il aimait tant autrefois de bricoler le moteur.

Suzanne avait un projet audacieux. Elle apprendrait à son homme une mécanique plus délicate et plus sophistiquée que les manoeuvres de mécanicien. Il apprendrait à repasser. C’était tout un défi d’amener Bernard devant la planche à repasser pour qu’il y glisse délicatement le fer chaud sur les draps, les blouses, les chemises, les jupes, les pantalons. Au début, il repassait des pièces à l’envers, ou brûlait un trou dans une chemise, mais avec patience Suzanne lui apprit à repasser comme un expert. Il apprit même à plier le linge. “Voilà un homme de sauvé”, se dit Suzanne tout attendrie.

Grâce à Isabelle, Charles, le plus jeune, découvrit aussi un nouvel art, que peu d’hommes maîtrisent. Avant de perdre la tête, il était toujours assis devant son ordinateur pour explorer le net, découvrir mille nouveautés en politique, géographie et humour. Il parlait même une langue obscure où Isabelle entendait des mots barbares comme downloader, pdf, jpeg, format, htlm. C’était fini maintenant pour Charles, ces excursions en solitaire sur internet. Il allait faire d’autres excursions qu’il avait négligées jusqu’ici : le magasinage.

Isabelle était d’avis qu’il manquait à son mari l’art de l’accompagnement de son épouse pour le magasinage. Elle ne ferait plus l’épicerie seule, ne ferait plus les excursions chez Winners ou Simons sans son compagnon. Elle s’attendait à ce que les gens regardent cet homme sans tête avec étonnement, mais son amour l’emportait et elle faisait désormais le magasinage, fièrement, avec un mari raccourci mais combien patient.

Les trois soeur étaient contentes de leur travail d’amélioration de leurs époux. Elles avaient désormais le temps de lire, de regarder des émissions instructives et d’écouter de la musique romantique. Définitivement un mari sans tête avait ses bons côtés.

Le long voyage

Pendant ce temps, de plus en plus loin des tracas de leurs bien-aimées, les têtes des trois frères voguaient dans le vaste espace vers une destination mystérieuse. Au début, ils avaient eu pas mal de plaisir. Plus légers que des plumes et loin des regards et des oreilles de leurs épouses, Albert, Bernard et Charles avaient vidé leurs sacs de blagues croustillantes. Mais la griserie s’était lentement dissipée, leurs visages pâles étaient devenu rose pâle et l’air se faisait de plus en plus frais. Ils avaient commencé à se poser des questions graves. Où étaient-ils? Où étaient donc rendus leur corps?

Albert, l’aîné et le plus sage avait conclu que la main de Dieu était venu les chercher et qu’ils étaient en route vers le paradis, qui se trouvait quelque part loin derrière les nuages. L’idée du paradis ne leur déplaisait pas, mais les maris n’étaient pas sûrs que le ciel sans leurs épouses serait bien agréable. Quoi faire ? Les trois têtes ne voyaient pas d’autres solutions concrètes que de se laisser filer vers l’inconnu. Le voyage était tellement long et monotone qu’ils s’étaient endormis, jusqu’au moment où un ange les avait réveillés tout près de la porte du paradis.
Soulagés d’être arrivés à destination, ils voulaient entrer par la grande porte, mais l’ange leur bloqua poliment l’entrée.

- Je m’excuse, avait-il (ou elle) dit, vous ne pourrez entrer ici que quand votre corps sera arrivé. On n’accueille pas les gens à moitié au paradis. Vous avez vécu avec vos corps, vous recommencerez ici avec votre corps. Un corps plus beau, bien entendu.

Interloqué, Albert demanda ce qu’ils devaient faire alors en attendant. Puis Bernard plaida la cause des épouses abandonnées en disant qu’elles méritaient un coup de pouce pour endurer leur misère.

La longue Quarantaine

L’ange les rassura avant de les amener au gros nuage rose de la Quarantaine, où attendaient quelques autres têtes, presque toutes en provenance de pays où l’on pratiquait encore la peine de la décapitation. Personne ne savait combien de temps pouvait durer l’attente, car l’heure du retour des corps était décidée en haut. Heureusement qu’un ange venait régulièrement chercher une tête perdue pour l’amener à la porte du paradis pour le grand rafistolage.

Albert, Bernard et Charles menaient une vie douillette sur leur nuage rose. Ils admiraient à travers la clôture du paradis, des arbres majestueux, des fleurs de toutes couleurs et la gamme de tons des nuages du paradis. Ils commençaient à avoir un coeur de poète et passaient leur temps d’attente à réciter des textes inspirés par la nature. Puis, ils entendaient les chants et la musique faits par les anges et les bienheureux musiciens. Ils apprenaient même ensemble à faire de petits choeurs mélodieux.

Mais rien ne pouvait les consoler de l’absence de leurs épouses ou du silence de leur voix. Ils avaient épuisé leurs blagues, découvert la poésie et la musique, mais le temps était terriblement long et lourd à porter. Ils guettaient sans cesse pour voir les ailes de l’ange qui pointait de temps en temps pour venir chercher une tête chanceuse.

Très loin, sur la terre, les trois soeurs n’avaient plus à convaincre des “têtes dures”, pouvaient faire pas mal ce qu’elles voulaient, mais le grand silence dans lequel le triste sort les avait plongées était plus lourd que la pire bagarre de ménage. Courageusement, pendant de longues années, les trois soeurs ont inventé des plans pour aider leurs maris et elles ont cherché des activités pour oublier les moments difficiles. Mais, Albert ne fredonnait plus des chansons d’amour, Albert ne disait plus de mots doux à l’oreille de Suzanne, Charles ne parlait plus des découvertes qu’il avait faites sur internet. Les maris étaient silencieux comme les statues dans le parc ou les poissons dans un aquarium. Quelle tristesse.

Enfin, les retrouvailles

Il faut croire que l’ange de la Quarantaine avait bien transmis les supplications des trois têtes. Sur la terre, un à un, leurs trois corps ont croulé sous le poids de l’âge et ont quitté la terre pour rejoindre leurs têtes qui attendaient impatiemment. Les trois maris soulagés ont alors trouvé une place de choix au paradis. Mais leur bonheur n’était pas complet aussi longtemps qu’ils ne pourraient pas voguer parmi les nuages du paradis avec leurs chères épouses.

Heureusement que la vie sur la terre fait bien les choses et ne s’étire pas indéfiniment. Françoise, Suzanne et Isabelle ont donc fini par frapper, elles aussi, à la grande porte du paradis où elles ont enfin retrouvé leurs chers Albert, Bernard et Charles. Quel spectacle ! Quel bonheur! Chaque homme enfin avec la tête bien soudée sur un corps rafraîchi, le regard vif, le sourire aux lèvres. Les femmes étaient splendides, et les hommes, beaux comme des étoiles, chantaient comme des anges et aimaient la beauté.

Finis les silences, les peines cachées, la solitude. Oubliés la boussole fixée au nord et le ballon léger. Oubliés la vaisselle, le repassage, les excursions à l’épicerie. Les trois couples ont, enfin, pu fêter, dans la joie, la fête des Rois.

Vous savez, le paradis résonne encore des joyeuses conversations des trois frères et des trois soeurs, qui ont découvert que rien ne valait mieux qu’une tête sur les épaules.

Si seulement nous pouvions apprendre qu’il est parfois bon de faire à sa tête.

Kees Vanderheyden Mont-Saint-Hilaire

Souper des Rois des conteurs de Mont-Saint-Hilaire

Dimanche 27 décembre 2009

Le Cercle des conteurs du mont Saint-Hilaire continue sa tradition des Fêtes avec son Souper des Rois. Cette année, la rencontre se tiendra au Presse Café, 365, boul. Sir-Wilfrid-Laurier, (Les Promenades de Savoy), Mont-Saint-Hilaire, le vendredi soir 8 janvier à 18 heures.

Le repas est suivi d’une veillée de contes de deux heures et le souper-spectacle revient à 25 $. À ce prix-là, c’est un cadeau des Rois !

Les billets sont disponibles maintenant au Presse Café au coût de 25 $ et limités à 50. On suggère d’aller chercher son  billet le plus rapidement possible. Au cours des années passées, le Cercle a toujours affiché complet à son souper des Rois. Mais cette année, le Presse Café offre un service de réservation par téléphone (450-464-6060) avec carte de crédit.

Le Souper des Rois sera évidemment souligné par le couronnement du roi et de la reine de la soirée. La veillée de contes suivra le souper. Neuf conteurs sont déjà inscrits au programme et d’autres s’ajouteront le soir même. Plusieurs prix de présence seront distribués et le plaisir est assuré pour tout le monde !

Le Procès, un conte original de Kees Vanderheyden

Lundi 30 novembre 2009

Le procès

Il y a quelques années, un incident scandaleux a éclaboussé le Premier ministre du pays, lors de la visite du président des États-Unis. Le chaos a été tel que le président est parti scandalisé et qu’une entente qui aurait dû être signée entre les deux gouvernements sur le commerce du sirop d’érable a été jetée aux poubelles.

Le drame a commencé pendant que le président attendait dans le salon du Parlement et que le Premier ministre se trouve dans l’ascenseur avec ses 4 gardes du corps. Un pet discret mais terrible et suffocant envahit l’ascenseur. Les gardes se regardent, le Premier ministre a un haut-le-coeur et sent un certain vertige. Le pet trouble tellement la concentration du premier ministre qu’il devient confus. En sortant de l’ascenseur, il a un mal de tête, a l’air perdu. Quand il entre dans le salon du Parlement, il confond le secrétaire du président avec le président. Il s’asseoit étourdi à côté du président étonné, bafouille un “Qu’est-ce que je fais ici”. Puis il se lève et quitte le salon. Le président est abasourdi. L’entente ne fut jamais signée.

Le lendemain, les manchettes des journaux parlaient d’un incident diplomatique majeur, d’un froid qui s’était installé entre deux pays amis. Heureusement que les gardes du corps du premier ministre avaient réussi à attraper le pet, l’avaient maîtrisé et avaient réussi à l’enfermer dans un pot de vitre, hermétiquement scellée pour lui régler son sort.

Les gardes ont officiellement porté plainte contre le pet auprès du ministre de la justice. C’était un cas de sabotage, d’offense à un pays ami. Il fallait une peine exemplaire. Jean Laliberté, un légiste prestigieux fut nommé le juge pour le procès. Le procureur de la couronne préparait déjà avec rage l’acte d’accusation. Le juge désigna un vieil avocat, monsieur Painchaud, pour la défense de l’accusé.

L’avocat, qui avait un grand coeur, prit le procès du pet au sérieux. Il décida de consulter les plus grands et les plus humbles pour préparer sa défense. Il lui semblait que parmi les plus sérieux et respectés des autorités se trouvait le Dalai Lama. Il lui donna un coup de fil pour avoir son conseil.

- Sa Sainteté, je dois défendre un pet qui a été accusé d’un crime de sabotage contre l’état. Il risque la peine de mort. Que pensez-vous des pets et de leurs responsabilités.
- Mon cher ami, les pets sont les soupirs ou les chants du corps. Ils expriment humblement, parfois discrètement, parfois avec force, nos misères et parfois nos grandes joies. Les vents du corps sont les seules voix égalitaires dans ce monde. Ils sont les mêmes chez les grands et les petits, chez les riches et les pauvres. Les pets sont des porteurs d’humilité. Sans eux, nous serions insupportables. Le pet est l’image parfaite de la démocratie.

Monsieur Painchaud décida ensuite de consulter un ancien Premier ministre pour avoir son avis. Il alla donc visiter Jean Chrétien à Shawinigan pour demander son avis. Il fut accueilli chaleureusement.

- Les pets sont universels, Monsieur Painchaud, dit l’ancien premier ministre. Je me rappelle une promenade en carrosse royal à Londres avec la Reine Élizabeth. À un moment donné, un des chevaux a dû laisser un pet pétaradant, puant terriblement. L’air était presqu’irrespérable. Je regarde la Reine, qui me fait un beau sourire. “Vous voyez, monsieur le Premier ministre, même moi je ne peux pas tout contrôler”. J’avais répondu, tout étonné “Ce n’est rien, sa Majesté. Mais j’admire votre honnêteté, je croyais que c’était le cheval”. Alors vous voyez, monsieur Painchaud, même les reines ne contrôlent pas toujours le vent intime. Mon médecin m’a même dit qu’un pet valait une année de santé.

En fouillant davantage dans l’histoire, Monsieur Painchaud découvrit que l’empereur romain Claudius qui régnait 50 ans après Jésus-Christ avait donné permission à tous les membres de la cour impériale de péter à volonté, quand il eût découvert qu’un de ses bons amis était mort pour avoir empêché un puissant vent de son corps de s’échapper.

Le vieil avocat voulait aussi consulter des gens humbles. Il parlait donc de la défense qu’il préparait pour un pet à Marianne, la cuisinière du Palais de Justice, et lui demanda de donner son avis sur les pets.

- Monsieur Painchaud, franchement qu’est-ce qu’on ferait sans les pets ? Ils nous délivrent des ballonnements douloureux dans le ventre. En hiver, quand il fait froid dehors, un bon gros pet silencieux réchauffe le lit. Puis, ils tuent les punaises et les acariens. De grâce, Monsieur Painchaud, sauvez ce pauvre pet.
- Je ferai tout ce que je pourrai, ma chère Marianne.
- Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider ?
- Hélas, je ne crois pas. C’est un procès d’état.

Enfin, le jour fatidique du procès arriva. La grande salle du Palais de Justice était bondée de journalistes et de curieux. Sur une petite table trônait le pot de vitre qui emprisonnait le pet. Deux gardiens veillaient sur le prisonnier. Le juge Laliberté présidait sur une élévation, muni de son marteau de chêne. Le procureur, vêtu de noir, le visage sévère, était prêt à bondir. Monsieur Painchaud nerveux était assis à son petit bureau avec une pile de feuilles.

Le juge invita le procureur à lire l’acte d’accusation.

- Son honneur, voici l’accusation qui pèse sur le prisonnier. Les circonstances ont clairement démontré que le pet a empoisonné le premier ministre. Le malaise du Premier ministre a fait avorter une entente importante entre notre pays et les États-Unis. L’attitude insultante, mais bien involontaire, du Premier ministre a provoqué un malaise entre deux pays amis. Le coupable est le pet qui se trouve devant vous. C’est un criminel. Il est coupable de sabotage au plus haut niveau. Je réclame sa mort par le bûcher.

Sur invitation du juge, l’avocat Monsieur Painchaud se leva. Il décrivait avec éloquence ses entretiens avec le Dalai Lama, l’ancien Premier ministre Jean-Chrétien, la décision de l’empereur romain Claudius et les considérations d’une humble citoyenne.

Pendant qu’il faisait son plaidoyer, la citoyenne Marianne exécutait avec flair et plaisir un plan subversif pour promouvoir la libération du pet. Elle préparait pour le juge, le procureur, Monsieur Painchaud et les gardiens, un repas succulent fait de fèves au lard, agrémenté d’une bonne portion de sirop d’érable. C’était un piège habile qui se fermerait sans doute sur le procureur tout en rendant tout le monde plus compréhensif.

Le juge écoutait attentivement le discours de l’avocat Painchaud. Le procureur faisait un sourire méprisant à chaque affirmation du défenseur de l’accusé. Tout le monde regardait le bocal avec son prisonnier sur la petite table. Les photographes prenaient mille clichés.

Enfin, après un bref interrogatoire, le juge sonnait l’heure de la pause.

- Messieurs le procureur et l’avocat, je prendrai le cas en délibéré. Nous nous reverrons après le dîner. Le repas est servi dans la salle à manger du Palais de Justice. Bon Appétit.

Les corridors du Palais étaient parfumés par la bonne odeur des fèves au lard. Les convives étaient surpris, hésitaient un moment devant ce dîner inhabituel et un peu risqué, mais ils n’avaient pas le choix. Ils ont donc tous avalé avec appétit au moins deux assiettées de fèves au lard du gros chaudron de madame Marianne. Elle arborait un petit sourire malicieux. Elle savait pourquoi.

La session de la cour reprit après un bon dîner, suivi d’une heure de détente. Le juge avait l’air un peu tendu. Le procureur éprouvait des remous dans le ventre. Les gardiens, le visage rouges, serraient les fesses. Monsieur Painchaud était calme et confiant. Les fèves avaient fait leur travail sournois dans les entrailles des membres de la cour. Des tempêtes se préparaient à l’ombre. Tout le monde s’en doutait. On crut même entendre quelques bruits suspects, vite étouffés.

Finalement le juge donna un coup vif de son marteau.

“Membres de la cour, messieurs le procureur et l’avocat de l’accusé. J’ai mûrement réfléchi à vos arguments. Voici mon verdict.

Les feux d’artifice n’auraient pas d’impact, Les canons ne nous avertiraient pas du danger des obus, sans leurs tonnerres. Puis, en tout temps, tôt ou tard tout le monde est coupable d’avoir libéré un vent venu de son ventre.

Il est vrai, ce que le Dalai Lama a déclaré que les pets nous rendent humbles et qu’ils sont parfois bénéfiques. Sans pets, la jeunesse serait privée de plaisirs légers et les puces envahiraient nos lits. D’ailleurs, messieurs, le vrai coupable du drame au Parlement n’est pas ce pet dans la bouteille, mais celui qui l’a relâché.

Le prisonnier est innocent et j’ordonne de le libérer immédiatement.”.

Le procureur était stupéfait. Les gardiens ouvrirent le bocal et relâchèrent le pet qui a poursuivi sa danse dans la salle du Palais de Justice. Le procureur se pinçait hypocritement le nez. Monsieur Pinchaud avait un large sourire. Marianne lavait avec fierté son chaudron vide.

Avec son coup de marteau, le Juge Laliberté cassa le mur de l’hypocrisie qui entoure souvent un humble libérateur de l’humanité.

Monsieur Painchaud n’a pas pu s’empêcher de crier, tout joyeux : “Vive les pets libres”.

Kees Vanderheyden

Le Cercle des conteurs du mont Saint-Hilaire vous invite à sa veillée de contes du 27 novembre 2009

Samedi 21 novembre 2009

Le Cercle des conteurs du mont Saint-Hilaire vous invite à sa Veillée de contes au  Presse Café, 365, boul. Laurier, (Les Promenades de Savoy), Mont-Saint-Hilaire, vendredi 27 novembre 2009, à 19h00. Et c’est gratuit!
Notez bien : 19h00 et non 19h 30

Programme
19h 00 : Bienvenue
Albert Simon : La plume lourde
Nicole Lemay : Finette et l’arête de poisson
Pierre Lambert : Le silence
Kees Vanderheyden : Le procès
Pause-détente, 10 minutes
Le banc des conteurs : Que celui ou celle qui veut conter se lève!
Marc-André Caron : Conte mystère
Paul Savard : Saint-Jacques-de-Leeds
Robin Lapointe : Un mille
Albert Simon : Le trésor du baobab

Spécial Halloween avec François Lavallée et Mike Burns à la Maison Villebon !

Mardi 27 octobre 2009

À l’occasion de l’Halloween, le jeudi 29 octobre à 19h30, François Lavallée, nomade contemporain récipiendaire de la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie au Niger (2005), présente une soirée spéciale de contes traditionnels et d’épouvante avec son complice Mike Burns.

Conteur de renom qui tient ses contes irlandais de son père et de sa grand-mère, Mike Burns poursuit, depuis plus de 40 ans, cette tradition orale issue de son héritage familial. Ses contes dynamiques et émouvants circulent dans différents festivals de contes tant au Canada qu’en Europe.

Les deux conteurs vous convient à une soirée remplie de surprises et de mystère.

GRATUIT! OUVERT À TOUS !
Places limitées. Premiers arrivés, premiers assis.
Laissez-passer disponibles pour les Beloeillois(es). Détails à la Bibliothèque municipale.

INFORMATION : www.beloeilsurlaculture.blogspot.com et 450 467-7872

Les Contes à Villebon avec François Lavallée et Mike Burns
Jeudi, 29 octobre à 19h30
À la Maison Villebon
630, rue Richelieu
Beloeil *voisine de la Bibliothèque et du Centre culturel

Bienvenue chez vous!

Cercle des conteurs du mont Saint-Hilaire – Soirée du 30 octobre 2009

Lundi 26 octobre 2009

Le Cercle des conteurs du mont Saint-Hilaire vous invite à sa soirée de contes au Presse Café, (Centre commercial Les Promenades de Savoy), 365, boul. Sir-Wilfrid-Laurier, Mont-Saint-Hilaire). La veillée se tiendra le vendredi 30 octobre, à 19.00 heures. Nous accueillerons sept conteurs et conteuses.

Albert Simon contera La question; pour Nicole Lemay, ce sera Deux histoires de peurs du mont Tremblant. Nadyne Bédard et Marie-Pier Fournier nous présenteront Le passeur de lumière; Kees Vanderheyden,  Le tyran.
En deuxième partie, Marie-Pier Fournier et Nadyne Bédard reviendront avec Un conte brésilien; et Paul Savard avec La petite chèvre de M. Paulin.

D’autres conteurs s’ajouteront pour compléter le programme.

Et c’est gratuit !

Grande Fête de la Citrouille à Muséobus

Mercredi 21 octobre 2009

Muséobus, le musée des enfants, vous invite le dimanche, 25 octobre prochain, à 13h00, à la grande fête de la citrouille et de ses cousines les courges.

Sous le thème de «Muséobus vous donne des ailes», un atelier sur la chauve-souris vous apprendra que loin d’être nuisible, ce petit mammifère ailé peut dévorer à lui seul un tiers de son poids en moustiques et autres insectes, par nuit. Venez participer aux activités animées dans un décor fantastique: concours de décoration de citrouilles, contes, animation. Tous sont invités à se costumer pour l’événement.

Cette grande fête se tiendra sur le site du Muséobus côté cour au 10, rue St-Matthieu dans le Vieux Beloeil. Le coût d’entrée est de 5$ par personne incluant votre citrouille à décorer. Vous devez réserver puisque les places sont limitées.

Cet événement viendra clôturer le mois des musées de la Montérégie à Muséobus.

Surprises et prix de présence.

Pour plus d’information et pour réserver vos billets, veuillez composer le (450) 464-0201.

La Randonnée contée 2009 au mont Saint-Hilaire.

Jeudi 8 octobre 2009

La rencontre traditionnelle avec des conteurs d’ici et d’ailleurs s’en vient à grands pas. La randonnée « sous les étoiles » aura lieu le Samedi 24 octobre. Vous y rencontrez de merveilleux conteurs. Les contes présentés ne sont pas nécessairement conçus pour de jeunes enfants. Avez-vous réservé au 450-467-1755 une place pour la soirée de contes d’automne ? Le coût est de 15$ par adulte et 10$ pour les enfants de 6 à 17 ans. La randonnée contée aura lieu, à partir de 18h30 sous le ciel étoilé, ou à l’abri, en cas de pluie. Ne manquez pas ces moments de magie où la nuit, la forêt et la voix des conteurs nous font vibrer. Les bernaches seront probablement aussi de la partie. *Veuillez réserver avant le 18 octobre

Kees Vanderheyden