Archive pour mars 2008

Session de cours de peinture avec Louise D’Aoust

Mardi 18 mars 2008

Louise D’Aoust,   avantageusement connue dans le domaine des arts est professeure de peinture à l’huile et à l’acrylique et donne des cours le lundi de 19h à 22h à l’école d’art Mine de rien. L’artiste nous dit: «La peinture doit être un plaisir, un antistress, une aventure qui comble votre vie. Venez nombreux vous joindre à nous. Débutants et plus avancés y trouvent des réponses. Venez vite réserver votre place car celles-ci sont limitées.»

La session printanière, débute le 31mars 2008 pour une durée de 10 semaines à raison de 3h/sem. Vous pouvez vous inscrire en communiquant à; 

L’Atelier Mine de Rien,
335 de Rouville,
Beloeil 450-536-5333
www.minederien.ca

Veillée du Cercle des conteurs du Mont-Saint-Hilaire

Lundi 17 mars 2008

Le Cercle des conteurs du mont Saint-Hilaire vous invite à sa veillée de contes vendredi le 28 mars prochain à 19 h 30 au Presse Café, 365, boul. Laurier (Les Promenades de Savoy) à Mont-Saint-Hilaire. La soirée est gratuite.

Les conteurs de la région ainsi que de Montréal présenteront un programme varié :

Nicole Lemay : La justice est aveugle
Nadyne Bédard : La corvée des Hamel
Albert Simon : Les aventures de Jonathan et Jérémie
Pierre Lambert : Le Trou du diable de la montagne

Paul Savard : Les rats sur le labour
Marie-Pier Fournier : Conte surprise

Kees Vanderheyden : Valérie, la vache allumée

TVR 9 a maintenant son site internet

Samedi 15 mars 2008

TVR9, la télévision communautaire de la Vallée-du-Richelieu vient tout juste de mettre en ligne son site internet dans le but d’augmenter sa visibilité et son accessibilité, et d’être encore plus près de la communauté qu’elle dessert.

TVR9 est un organisme sans but lucratif, qui depuis plus de vingt ans participe au développement économique, social et culturel de son milieu en produisant et diffusant sur le canal communautaire des émissions et autres documents promotionnels à saveur locale et régionale. Son territoire est assez étendu : Beloeil, Chambly, McMasterville, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Saint-Amable, Saint-Basile-le-Grand, Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville, Saint-Marc-sur-Richelieu, Saint-Mathieu-de-Beloeil et Sainte-Julie.

On trouvera sur ce site, une panoplie de renseignements utiles dont les services offerts par TVR9, sa grille horaire et le synopsis de ses émissions.

Adresse web:
http://www.tvr9.org/
Renseignements : infos@tvr9.org

Deux prochains concerts à la Maison Villebon

Samedi 15 mars 2008

C’est ce dimanche, le 16 mars à 13 h, qu’aura lieu le premier Lendemain de veille à Villebon où la chanson traditionnelle sera à l’honneur avec les musiciens Manon Vincent, François Richard et leur invité Michel Riopel. Le 21 mars à 19 h 30, la Maison Villebon accueillera, dans un tout autre registre musical, Emi Bond, une jeune auteure-compositrice-interprète dont le premier extrait Kamikaze monte en flèche sur les palmarès des radios québécoises.

Finaliste au Festival de Petite-Vallée l’an dernier, Emi Bond fera escale à la Maison Villebon juste avant la sortie de son premier album en avril. Elle interprétera ses compositions à saveur folk-pop. C’est l’auteur-compositeur-interprète de Belœil David Étienne qui l’a pris sous son aile et l’a guidée sur le chemin d’une carrière musicale.

Renseignements : 450.467.7872.
http://beloeilsurlaculture.blogspot.com/

Soirée de poésie au Presse-Café de Mont-Saint-Hilaire

Vendredi 14 mars 2008

Plusieurs membres du groupe Carquois donneront un récital de poésie ce vendredi 14 mars à 20 heures, au Presse-Café de Mont-Saint-Hilaire, situé au 365, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. L’entrée pour le récital de poésie est libre. C’est une occasion pour tous d’entendre la poésie riche et variée d’auteurs de la région.

Carquois est un organisme à but non lucratif qui regroupe parmi ses abonnés une cinquantaine de poètes de tous niveaux qui contribuent régulièrement à sa revue. La plupart de ces auteurs proviennent du Centre du Québec, de la Montérégie et de la Haute-Yamaska et un certain nombre d’un peu partout au Québec et d’Europe francophone. Carquois publie cinq recueils par année et organise des soirées de poésie où les poètes professionnels et amateurs peuvent réciter leurs œuvres devant public. Ces rencontres se déroulent dans diverses municipalités du Centre du Québec, de la Montérégie et de la Haute-Yamaska. Pour plus de renseignements : carquois@hotmail.com.

Chantal Lagacé expose à Arts Station

Jeudi 13 mars 2008

Chantal Lagacé présente ses œuvres à Arts Station du jusqu’au 23 mars. L’artiste a fait ses premiers tableaux il y a quelques années seulement. Pour répondre à son besoin criant de création, elle s’inscrit en 2003 à l’atelier Arts pour tous avec Tania Lebedeff. Rapidement la peinture prend une place de choix dans sa vie.

En 2004, elle se joint au groupe Arts+ et c’est à ce moment qu’elle décide de consacrer beaucoup plus de temps à cette nouvelle passion. Son exposition à Arts Station est sa première exposition solo. Elle y présente des œuvres d’arts actuels. Ses toiles ont des textures aux couleurs fortes et vibrantes. Elles sont tantôt abstraites tantôt ludiques, mais toutes sont la continuité d’une démarche artistique d’exploration, autant au niveau de la couleur, de la forme que du trait sensible qui cherche à s’exprimer dans ses toiles. Jamais elle ne décide à l’avance ce qu’elle va peindre.

Le vernissage aura lieu le 16 mars de 13 h à 16 h. Arts Station est situé au 1087, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, à Mont-Saint-Hilaire. La galerie est ouverte les mercredis, jeudis et vendredis en après-midi ainsi que les mercredis soirs. Pour visiter l’exposition en d’autre temps, il est possible de prendre rendez-vous avec Tania Lebedeff au 450.536.3077.

Un texte de Jocelyn Fiset «Serge Lemoyne: sombrer dans l’oubli»

Mercredi 12 mars 2008

Serge Lemoyne: sombrer dans l’oubli
Auteur: Jocelyn Fiset peintre

Le Devoir 11 mars 2008

Contrairement à ce que tout le monde croit, 1998 ne fut pas l’année d’une seule mais de deux catastrophes. Évidemment, la première est celle du verglas, et l’on se remet à peine du tapage médiatique des dernières semaines. La seconde n’a encore rien causé comme tapage, si ce n’est cette exposition en forme d’hommage, présentée bravement par le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire jusqu’au 23 mars prochain.

Oui, donc, la catastrophe. En juillet 1998 disparaissait le peintre Serge Lemoyne, décédé prématurément d’un cancer foudroyant. Il avait 57 ans!

Certains demanderont en quoi la mort d’un artiste est aussi catastrophique qu’un mois sans électricité pour des milliers d’individus ou la perte de quelques trente innocentes vies humaines et des centaines de millions de dollars en dommages matériels.

La réponse est simple: l’oubli. Nous voici dix ans après la mort de Serge Lemoyne et il ne reste pratiquement aucune trace de son oeuvre magnifique dans la mémoire et l’imaginaire collectif national. Voilà la véritable catastrophe.

Si un peintre aussi talentueux et aussi engagé que lui n’a pas sa place dans la mémoire, les pensées, dans la fierté de chaque Québécois, c’est à se demander qui l’aura.

Du jamais vu au Québec!

Plus que tout autre, Serge Lemoyne n’avait de cesse de rendre son art accessible. On ne compte plus le nombre de ses actions, de ses happenings, de ses coups d’éclat faits pour et devant le grand public. Et que dire de sa fameuse période bleu-blanc-rouge, en plein coeur des années 1970, en pleine gloire du club de hockey Canadien où Lemoyne peint des centaines de toiles ayant comme unique thème les Glorieux et comme uniques couleurs, celles du Tricolore: le bleu, le blanc et le rouge. Dix ans, d’une belle folie créatrice assortie d’une volonté immense de toucher la masse des gens par la fusion de l’art et du sport.

Lemoyne peignait des images simples et facilement reconnaissables comme des plans rapprochés de diverses parties de l’uniforme des joueurs, toujours à la limite du figuratif et de l’abstrait, car il aimait faire dégouliner la peinture. Pour la première fois, un peintre de chez nous créait de toutes pièces une symbolique tout à fait moderne et surtout à notre image, sorte d’icône parfait de notre sport national. Du jamais vu dans l’histoire de l’art au Québec.

À lui seul, ce cycle de dix ans aurait dû constituer l’apogée de la carrière de Lemoyne et lui attribuer une place bien méritée au panthéon de l’imaginaire collectif québécois, car il y avait, dans sa vie et son oeuvre, matière à construire une aura aussi populaire, aussi imposante que celle d’un Maurice Richard, d’un René Lévesque ou d’un Félix Leclerc.

Au même titre que la planète entière est en mesure de comparer un portrait avec les deux yeux dans le même trou à un Picasso, de même, le Québec en entier devrait pouvoir comparer toute peinture qui dégouline à un Lemoyne.

La démission des élites

Malheureusement, la réalité est tout autre. Déjà, il y a plus d’un an, dans ces mêmes pages, j’ai tenté d’attirer l’attention sur «l’invisibilité» qui sévit dans le domaine des arts visuels conséquemment à l’incapacité des grands médias d’ici à promouvoir sérieusement notre culture.

Mais ce que nous vivons en ce moment est beaucoup plus qu’un problème médiatique. C’est la faillite totale d’une société à défendre ses artistes les plus fabuleux et à veiller à ce que leurs noms restent à jamais gravés dans les mémoires. Lemoyne est la preuve tangible d’une telle faillite. Tout comme le génial André Mathieu, dont la mémoire et l’oeuvre sont si ardemment défendus par le pianiste Alain Lefèvre.

Ici, ce sont les artistes qui défendent les artistes. Ici, les grands créateurs n’ont plus la cote, et l’élite les abandonne.

Vous l’aurez sans doute remarqué lors des dernières campagnes électorales, les chefs de toutes tendances politiques profitent à répétition d’une population de plus en plus vieillissante qui ne craint qu’une chose; que la médecine à deux vitesses lui tombe sur la tête. Que tout le reste de la société roule à deux, trois ou trente-six vitesses, on s’en tape. La pauvreté et l’environnement, on verra bien. Alors l’art, vous savez. D’ailleurs, ne dit-on pas que Jean Charest n’assiste jamais aux vernissages du Musée d’art contemporain?

Au lieu d’allumer les esprits et de jouer un rôle de phare auprès du peuple, notre élite politique fait plutôt figure d’éteignoir.

En ce qui concerne l’élite de la finance ce n’est guère mieux. Selon les statistiques, un nombre infime d’entreprises québécoises collectionnent des oeuvres d’art sur une base régulière.

Dans le monde des affaires, les grands vins (étrangers) se collectionnent mieux que les grandes oeuvres (locales).

La désaffection de l’élite économique envers la culture se fait plus cruellement sentir chez les propriétaires de petites et moyennes entreprises principalement parce qu’ils sont plus nombreux. Ces nouveaux riches n’hésitent pas à payer des fortunes pour l’aménagement paysager de leurs grosses maisons alors qu’à l’intérieur, celles-ci dévoilent une obscène absence d’oeuvre d’art.

Dans l’univers du paraître, tout le fric va à l’esthétique, rien à l’artistique.

Quant à l’élite culturelle, pour l’hérétique que je suis, la question est de savoir pourquoi nos vénérables institutions muséales réussissent à pousser la machine à fond lorsqu’il s’agit de promouvoir les Cocteau, Dali, Disney et autres créateurs d’outre-tombe et qu’ils n’y réussissent pas pour les créateurs de chez nous?

Attend-on qu’ils reviennent d’une tournée triomphale à Paris, Berlin ou New York pour bouger? Serions-nous encore à ce point colonisés? Alors, qu’est-ce qu’on attend pour leur organiser nous-mêmes la promotion qu’ils méritent et une tournée du Québec, du Canada et du monde?

La vraie calamité

C’est ainsi que, par un laisser-faire général, les élites ouvrent la voie à ce succédané de culture qu’est le divertissement.

Ce n’est un secret pour personne, notre société souffre de la boulimie du divertissement et du culte de la célébrité. L’occident a finalement atteint les confins de la galaxie Gutemberg où les quinze minutes de célébrité accessibles à tous et prophétisées par le pape du Pop-Art Américain, Andy Warhol, se concrétisent aujourd’hui à la puissance dix grâce à la télé-réalité et Internet.

De l’émission TVA en Direct.Com, qui permet à tout un chacun de passer à la télévision par le truchement de sa webcam, à YouTube en passant par Loft Story ou les pubs à faire soi-même des petits gâteaux Vachon, chaque jour qui passe propose son lot de sollicitations pour que le citoyen participe à quelque chose.

Le but inavoué de telles entreprises est d’outrepasser les vrais créateurs et de faire croire à tous que ce sont eux les artistes. Évidemment, plus il y aura d’individus qui créeront leurs propres vidéos, leurs propres Jackasseries, plus les méga-entreprises de divertissement auront d’abonnés qui voudront s’écouter, se regarder, se reconnaître, et toc, plus il y aura de monde pour consommer des gigaoctets de narcissisme sur les cellulaires, les chaînes de télévision et les ordinateurs. C’est ainsi que le business est profitable.

Exit les artistes professionnels. Ici, le star-system fait loi et éclipse le système des beaux-arts.

Le plus ironique de cette affaire c’est qu’en fin de compte, tout ce que désirent les adeptes de la célébrité rapide c’est imiter les artistes pour en devenir eux-mêmes. Or, s’ils sont capables de les imiter, c’est qu’ils ont eu accès à des exemples, des modèles…

Quand la culture des grandes idées et des belles folies créatrices n’a plus droit de cité, elle ne peut influencer la culture dite de grand public et celle-ci finit par s’appauvrir. Plus l’empire du divertissement fait la promotion de l’amateurisme au lieu de faire connaître plus de créateurs, de chercheurs, de scientifiques, de danseurs, de penseurs, de peintres ou de poètes, plus ce dernier contribue au rétrécissement des idées et de la pensée humaine.

En cette époque fatidique où nous commençons à peine à prendre conscience du fait que nous contribuons tous aux changements climatiques et au tarissement des ressources naturelles de la planète, il serait aussi temps de prendre conscience que, par nos comportements et nos choix de consommateurs de produits de divertissement de toutes sortes, nous contribuons tout autant à l’épuisement de notre imaginaire collectif de même qu’au tarissement des ressources créatrices de l’humanité, condamnant de ce fait l’art et la création à la disparition.

Mais, attention, la disparition d’une activité humaine aussi pointue que l’art, la disparition d’une manifestation aussi raffinée de l’esprit humain ne serait-elle pas alors annonciatrice de la disparition de l’homme, au même titre que la disparition de la banquise est annonciatrice de l’inexorable disparition de l’ours polaire?

L’auteure Andrée Laberge au Cercle littéraire Françoise-Loranger

Mardi 11 mars 2008

Le mercredi 19 mars prochain, (19h30 à la bibliothèque Armand-Cardinal située au 150, rue du Centre-Civique, Mont-Saint-Hilaire) le Cercle littéraire Françoise-Loranger recevra l’auteure Andrée Laberge. Née à Québec en 1953, docteure en épidémiologie, elle mène de front une carrière de chercheuse en santé publique et d’écrivaine. Formée aussi en service social, elle a travaillé pendant plusieurs années auprès des personnes en difficulté. La rivière du loup est son troisième roman. Les deux précédents s’intitulaient Les oiseaux de verre et L’aguayo . Coût du billet : 8.00$.

Premier Lendemain de veille à Villebon avec Manon Vincent, François Richard et leur invité spécial : Michel Riopel

Lundi 10 mars 2008

Pour donner suite à la première Veillée présentée à la Maison Villebon, c’est le dimanche, 16 mars à 13h00 qu’aura lieu le tout premier Lendemain de veille dans la charmante nouvelle maison de la culture de Beloeil.

Située en bordure du Richelieu, à côté du centre culturel de Beloeil, la Maison Villebon inaugure sa programmation avec les Veillées et Lendemains de veille, des soirées et après-midis animés visant à faire revivre l’atmosphère des rencontres informelles, intimistes, conviviales et intergénérationnelles d’autrefois, en les adaptant à la saveur d’aujourd’hui.

Des chansons d’hier et d’aujourd’hui vous sont donc offertes par vos hôtes-musiciens, Manon Vincent et François Richard (de temps à autres accompagnés par leur fille Coralie), comme s’ils vous accueillaient dans l’intimité de leur foyer. Les nostalgiques de la P’tite Scène pourront donc les retrouver, et ceux qui ne les connaissent pas encore, avoir le plaisir de les découvrir.

En plein temps des sucres, ce tout premier Lendemain de veille à Villebon se fera dans la plus pure tradition des fêtes familiales à la québécoise, alors que Manon et François reçoivent comme invité spécial le folkloriste Michel Riopel, qui viendra présenter quelques pièces. Michel Riopel est le président fondateur du Festival de musique traditionnelle de St-Bernard de Michauville qui vient tout juste de battre son plein pour une 5e année consécutive. Il viendra présenter quelques chansons tirées directement du folklore de la région. Attention, amateurs de pieds battants et de cuillères qui claquent!

Chansons-beignes-chocolat chaud. Pour tous. Entrée libre. Les enfants bien encadrés sont les bienvenus.

Les Lendemains de veille à Villebon
Les dimanches, 16 et 30 mars à 13h

Les Veillées à Villebon
Les vendredis, 21 mars et 4 avril à 19h30

À la Maison Villebon
630, rue Richelieu
Beloeil *voisine de la Bibliothèque et du Centre culturel

ATTENTION! PLACES LIMITÉES! AUCUNE RÉSERVATION!
PREMIERS ARRIVÉS, PREMIERS ASSIS!

Info. : 450 467-7872

Valérie, la vache dans la lune: conte de Kees Vanderheyden

Dimanche 9 mars 2008

La vingtaine de vaches de la ferme Beausoleil à Saint-Mathias-sur- Richelieu étaient fort contentes. Leur pré au bord de la rivière, logé entre l’eau et la route, en face d’un petit aéroport endormi, était vaste, vert et riche en trèfle. En plus, le site offrait ce petit bonheur supplémentaire : le chemin des Patriotes qui longeait le pré avec son flot de camions, d’autos et de vélos. Voilà pourquoi les vaches de la ferme Beausoleil ruminaient doublement. Elles dégustaient le trèfle vert mais elles contemplaient aussi attentivement et souvent avec ravissement la circulation automobile.

Les chauffeurs ne se doutaient pas que ces vaches aux grands yeux vagues et à l’allure indifférente attendaient avec trépidation chaque voiture qu’elle observaient d’un oeil expert. Elles appréciaient le flot quotidien et comparaient le nombre de camions aux nombre de cornes du troupeau, le nombre de voitures ordinaires aux nombre de pattes et les vélos aux pies. Voilà un nouveau camion, voilà une voiture bleue rapide. Quand la voiture les épatait, le choeur des vaches lançait discrètement un Meuuuoouuu d’appréciation. Quand une bagnole n’était qu’un paquet de rouille minable, elles étaient moqueuses et laissent s’échapper un beuuuu de mépris. Il y eut ainsi des journées hautes en Meuuuoouuu, d’autres lourdes de beuuu. Ainsi le pré offrait de la nourriture pour les corps mais aussi pour de la joie pour les esprits bovins.

Il régnait toutefois une tension au coeur du troupeau, une petite ombre à ce portrait bucolique, car il y avait une vache qui était un peu hors-normes. Valérie était son nom. Elle mangeait le même trèfle que ses tantes et ses cousines, observait le même flot de voitures sur le chemin des Patriotes, mais elle semblait avoir l’oeil ou le cerveau plus alerte. Valérie voyait plus loin. À force d’observer la circulation, elle ne remarquait pas seulement la couleur et la propreté des véhicules, elle constatait aussi des détails comme la grille du moteur, la forme du coffre ou des phares. Elle concluait qu’au cours des saisons il y avait de nouveaux modèles de camions et de voitures.

Ses parentes et copines trouvaient que Valérie exagérait et voulait se montrer plus fines que les autres. Entre deux beuglements, elles grognèrent que Valérie était snob et vaniteuse.

- Au lieu d’examiner des détails insignifiants des voitures, pourquoi elle ne participe pas à nos confidences sur les veaux qui vont naître au printemps. Pourquoi elle ne discute pas avec nous sur les boeufs séduisants qui viennent nous rendre visite de temps en temps ?

Un petit incident aviva leur frustration. Un beau dimanche Valérie remarqua une nouvelle voiture plus élégante et plus jolie que les autres. Elle s’approcha de la clôture du champ et l’admira les yeux et la bouche grand ouverts. Le chauffeur étonné s’en aperçut et …il donna un vigoureux coup de klaxon. Pour Valérie ce fut la consécration. Un chauffeur avait reconnu sa clairvoyance et l’avait signalé avec éclat. Enchantée, elle fit part de son bonheur à ses tantes et ses cousines autour de l’abreuvoir. Avec dégoût, elles firent toutes beeuuu et reprirent leurs laborieuses discussions sur le bon élevage des veaux.

Déçue de tant de mesquinerie, Valérie se mit à rêver à une vie plus stimulante où il y avait de la place pour les défis et des découvertes. Le train-train monotone de la ferme Beausoleil lui pesait. Une suggestion lui vint un jour au bout du champ. Un matin clair, un bruit insolite retentit du côté du petit aéroport généralement si endormi. Devant les yeux étonnés de Valérie, une étrange voiture, dotée de longues ailes rigides se leva bruyamment et gagna le ciel. C’était un spectacle bien plus excitant qu’une voiture rutilante sur le chemin des Patriotes. Quelle merveille. Une voiture qui roule et qui vole comme un grand oiseau. Puis le ciel n’était-il pas plus noble que le plancher des vaches ? Elle buvait le spectacle avec ravissement, admira les pirouettes, fit de long meuuu admiratif et vit disparaître l’étrange oiseau dans les nuages. Valérie passait la journée à scruter le ciel, dans l’espoir de revoir l’oiseau rare.

Le soir venu, la lune montait lentement dans le ciel et Valérie regardait une dernière fois le ciel , son âme de vache “dans la lune”. Or, la lune qui surveille le sommeil des hommes et des animaux, aperçut la vache songeuse là bas dans le pré. Est-ce qu’elle avait besoin d’aide ?

- Salut, mon amie la vache, attends-tu quelqu’un ? Le boeuf de tes rêves peut-être ?
- J’aimerais voler comme l’étrange voiture que j’ai vue se lever cet après-midi. Elle volait comme un oiseau. Je m’ennuie dans le pré. Je rêve de voler.
- Ton rêve n’est pas impossible, mon amie. Si tu le veux, je peux te donner des ailes. Ensuite avec un peu de pratique tu monteras ici haut.
- Tu blagues ! répondit Valérie avec un brin d’espoir dans la voix.
- Non, non. Regarde-moi attentivement. Respire profondément, roule tes épaules et tu verras.

Valérie s’exécuta et soudainement elle ressentit un chatouillement dans ses épaules, sa peau se tendait et en jetant un regard vers son dos, elle vit pousser deux grandes ailes. Elle fit un grand meuuuu de joie.

- Mon amie, secoue tes ailes, vers bas puis vers le haut, régulièrement comme ta respiration. Puis vas-y de plus en plus vite. Tu verras.

Heureusement qu’il faisait nuit et que ses tantes et ses cousines dormaient d’un profond sommeil tout en rêvant aux veaux du printemps, car le premier vol était laborieux. De grands coups d’ailes, puis une petite montée hésitante, mais combien excitante. La lune sourit pleine de condescendance. À force de pratiquer Valérie réussit à faire un vol plané de 10 mètres. Épuisée, elle s’endormit et fit des rêves de cabrioles célestes.

Le matin venu, les tantes et cousines de Valérie contemplèrent la vache volante avec horreur. Elles virent les étranges excroissances aux épaules, mais ne réalisèrent pas que c’étaient des ailes. Valérie, convaincue qu’elle épaterait la galerie, donnait quelques coups d’aile énergiques, s’élevait en l’air et fit le tour du pré comme une chauve-souris géante. Son ombre se reflétait dans les yeux de ses compagnes.

- C’est bien ça, grogna le troupeau nullement émerveillé, elle se considère au-dessus de nous.

Puis elles lâchèrent en choeur un beuuuu plein de reproches.

Déçue, Valérie décida de prendre l’air et de profiter de ses nouveaux talents de vache volante. Elle se donna un petit élan et voilà elle filait dans le ciel bleu et direction de l’autre rive du Richelieu. L’air frais caressait son ventre et le vent chuchotait doucement dans ses oreilles, Tout étonnées devant de nouvel oiseau, les mouettes l’épiaient avec méfiance. Le Richelieu en bas brillait comme une route liquide, tranquille. Que ce premier vrai vol était grisant!

Survolant l’autre rive, Valérie aperçut un drôle de papillon dans le ciel devant elle, attaché par un long fil que tenait une petite fille dans un pré. Une bande d’enfants admiraient le spectacle jusqu’à ce qu’ils aperçurent, stupéfaits, la vache volante qui se dirigeait vers leur cerf-volant. Leur excitation fut telle, que la petite lâcha le fil de son cerf-volant et que les enfants se mirent à crier

- “Oooooh, regarde la vache. Que c’est beau”.

N’ écoutant que son grand coeur, Valérie fit une plongée pour sauver le fragile papillon qui piquait vers le pré, l’attrapa avec ses cornes et atterrit doucement. Les enfants applaudirent, crièrent, dansèrent autour de Valérie, qui frémissait de joie devant tant d’enthousiasme. Enfin, un peu d’appréciation devant sa performance. Devant cet auditoire admiratif, elle fit de gracieuses envolées, selon la mesure de ses modestes talents et se voyait promise à une nouvelle carrière plus excitante que celle de spectatrice d’automobiles. Les enfants lui apportèrent des brassées de trèfles et de l’eau fraîche et l’invitèrent de leurs gestes dans leur petit pré pour un repos bien mérité. Que la vie était belle.

Quand Valérie se réveilla le lendemain matin, une foule de curieux l’entourait. Les enfants avaient alerté leurs parents, le maire, le curé et le député. La vache comprit qu’on attendait son spectacle aérien. Elle se redressa, déplia ses grandes ailes sous les regards ébahis des badauds et se leva dans la petite brume matinale. Un ouragan de Ooooohs et un tonnerre d’applaudissements montait avec elle. Valérie était ivre d’air frais et de exaltation. Son bonheur fut tel qu’elle voulait à son tour faire entendre sa voix. Mais au lieu du beuglement habituel elle fit entendre un puissant chant de vache presque mélodieux, qui provoqua des éclats de rires et des Ooooh de la foule.

- Le bonheur n’est pas dans le pré, se dit-elle, mais ici avec les humains. Eux au moins m’apprécient.

Pour Valérie, la vache volante, commença ainsi une période de bonheur et de gloire sans pareille. Les gens l’enjolivèrent d’un grand manteau argenté qui flottait au vent, appliquèrent du papier doré sur ses cornes et fixèrent une petite lumière rouge au bout de sa queue. Elle était rutilante comme la reine d’un concours de beauté. Autour d’elle régnait désormais une ambiance de joyeuse kermesse avec fanfare et photographes.

Elle faisait ainsi ses fières envolées au dessus de foules de plus en plus denses, mais aussi, hélas, de plus en plus exigeantes. En effet, après quelques semaines, les gens las des décollages prévisibles, lui faisaient signe de monter plus haut, de foncer là vers les nuages. Valérie, désireuse de plaire, tentait de s’élever à force de coups d’aile désespérés. Plus elle grimpait vers les nuages, plus l’air lui manquait. Elle commençait à voir d’étranges étoiles étincelantes devant les yeux, son coeur battait plus vite qu’un roulement de tambour et elle faillit perdre connaissance. Elle ne réussit pas à relever ce nouveau défi et dut descendre en catastrophe. Au lieu des Ooooh! et Bravos ! habituels, elle fut accueillie avec les Choooux ! et des ricanements.

Ces humains exigeaient toujours davantage, plus haut, plus dangereux. À partir de cette journée fatidique, la gloire de Valérie la vache volante perdit son éclat et les gens désertèrent le terrain des spectacles. Seuls les enfants qui l’avaient entourée au début, venaient encore la visiter dans son coin de pré perdu.

Un bon matin, Valérie décida de quitter ce lieu inhospitalier pour des cieux plus généreux. Mais où pouvait elle donc aller maintenant ? Peut-être que les vaches étaient faites pour brouter et donner du lait, plutôt que pour voler et faire des cabrioles aériennes devant des foules ingrates. Le bonheur qui l’attendait était peut-être finalement dans le pré au bord de la rivière avec ses tantes et ses cousines.

À la brunante, Valérie reprit le chemin vers le pré de la ferme Beausoleil. Elle se coucha discrètement pour être réveillée à l’aurore par le braillement de petits veaux assoiffés et le beuglements rassurants de leurs mamans. La vie du pré avait changé depuis son départ, il y a quelques mois. Ses tantes et cousines étaient maintenant plus intéressées à leurs nouveau-nés qu’à la circulation automobile. Les veaux gambadaient joyeusement devant leurs yeux attendris.

Les ailes collées contre ses flancs, Valérie s’approcha timidement de sa famille. L’accueil fut tiède. Elle tentait de leur raconter ses aventures et ses déboires. Hélas, on la traitait de vantarde, de menteuse, de vache dévoyée. Heureusement, que les petits veaux avaient le coeur encore frais et innocent. Ils s’approchaient d’elle et reniflaient ses étranges excroissances à ces épaules.

Alors Valérie leur racontait ses merveilleuses aventures, sa conversation avec la lune, qui était si généreuse, ses vols au dessus de la rivière, ses jeux avec les enfants et ses pitreries aériennes devant les humains. Loin de leurs parents, les petits demandaient d’avoir des ailes comme elle, pour voler là haut comme les goélands. Valérie hésita et répondit que c’était peut-être mieux de demeurer dans le pré et de rêver. Peut-être qu’un jour tout le monde accepterait que le bonheur n’est pas seulement dans le pré, mais qu’on peut explorer de lointains horizons et qu’on peut monter haut haut dans le ciel pour voir le pré autrement.

Les petits veaux écoutaient, les yeux brillants et le coeur battant, leur tante, la vache volante, qui avait osé partir pour l’aventure. Le reste du troupeau ne se doutait pas que, plus tard, leurs petits ne se contenteraient pas de regarder passer les voitures sur le Chemin des Patriotes, mais qu’ils prendraient un jour leur envol. Il leur suffirait simplement d’être “dans la lune” au bon moment.

Kees Vanderheyden