Archive pour décembre 2007

Le patrimoine hilairemontais

Dimanche 30 décembre 2007

Le temps des Fêtes au début du siècle dernier

De nos jours, dans l’imaginaire de la majorité des enfants de chez nous, il est difficile d’envisager le temps des Fêtes sans les cadeaux et les nombreuses surprises déposées au pied du sapin. Cette coutume ne semble être apparue au Québec que vers les années 1930. À cette époque, dans plusieurs familles, les enfants avaient l’habitude d’accrocher leur bas au pied du lit avant de se coucher, mais que la veille du jour de l’An seulement, ils espéraient bien y trouver quelques petits trésors à leur réveil. Malheureusement, il n’était pas rare, dans les familles nombreuses surtout, de n’y trouver qu’une orange… ou un morceau de charbon.

Les enfants de Saint‑Hilaire ne s’en trouvaient pas plus malheureux. Pour leur part, la femeture des écoles du 24 décembre à la fête des Rois Mages le 6 janvier était une occasion idéale pour s’en donner à coeur joie dans les énormes bancs de neige autour des maisons. Au grand désespoir des adultes qui avaient dû déblayer à la pelle un passage de la maison au chemin; les enfants utilisaient souvent ces amas de neige pour s’en faire des glissoires ou des abris pour des batailles de balles de neige. Même si la majorité des enfants ne possédaient pas d’équipements sophistiqués, ils trouvaient toujours le moyen de se fabriquer des traîneaux et de s’organiser des jeux de toutes sortes. La journée de Noël même, n’était pas très différente d’un dimanche ordinaire; plusieurs familles en profitaient pour faire des visites ou recevoir des voisins et des amis.

L’assistance à la messe de minuit, qui précédait le réveillon de Noël avec la tourtière, la dinde, le ragoût, les pommes de terre, sans oublier une bonne tranche de bûche de Noël, était l’événement le plus important pour les adultes. Il est intéressant de noter que l’orgue de l’église de St-Hilaire a été livrée un 25 décembre. Était-ce pour profiter de la disponibilité des hommes pour monter les pièces au jubé?

Source: Andrée Pinsonneault, Patrimoine hilairemontais, “À Flanc de Culture”, décembre 2007.

Oeuvre: Gilles Poisson

Pierre Lambert raconte Mont-Saint-Hilaire

Samedi 29 décembre 2007

Le mont Saint-Hilaire, à trente kilomètres à l’est de Montréal, a toujours présenté une aura de mystère, sans doute en raison de ses cristaux uniques et de ses falaises impressionnantes, dramatiques, qui ont longtemps amené les voyageurs à croire qu’il s’agissait du relief le plus élevé du Québec. Il ne faut pas s’étonner que les premiers habitants en aient peuplé les crevasses de fées tandis que le mystérieux lac Hertel, tout au centre, annonçait la route vers le diable et l’enfer.

Connu des Amérindiens, cartographié par Champlain dès 1612, le mont se retrouve au cœur de la seigneurie de Rouville de la famille Hertel. Tout au long du XIXe siècle, sous l’impulsion des seigneurs, pomiculture et acériculture se développent. L’érection d’une immense croix sur le sommet du Pain de Sucre témoigne du renouveau catholique au Québec. Lieu touristique fort prisé, peintres et écrivains ont chanté les beautés du mont.En 1913, Andrew Hamilton Gault profite des difficultés économiques des seigneurs Campbell et acquiert le mont Saint-Hilaire, le préservant ainsi de la spéculation. En 1958, l’Université McGill hérite de la montagne, qui devient la réserve naturelle Gault. Aujourd’hui, la fréquentation de la montagne pose avec acuité le problème de la préservation des richesses naturelles.

Dans son livre, Pierre Lambert présente en détail le mont Saint-Hilaire, tant du point de vue de l’histoire naturelle que de l’histoire sociale, économique et culturelle. Il vient combler une lacune longtemps ressentie par les visiteurs et par les amoureux des beaux coins du Québec.

Pierre Lambert est géographe, historien, bibliothécaire et conteur. Il est le fondateur des Cahiers de la Société d’histoire de Belœil–Mont-Saint-Hilaire. Nommé membre émérite de cette société en 1997, il a également reçu la médaille d’honneur de la Société d’histoire de la vallée du Richelieu en 1999 en plus de celle de l’Assemblée nationale du Québec en 2006 pour sa contribution exceptionnelle à l’histoire.