Lancement de la revue Carquois de février

8 février 2010

Ce vendredi 12 février 2010
au BILBOQUET de Saint-Hyacinthe, à 19 H 30 au 1850 ouest, rue des Cascades, dans le Vieux Saint-Hyacinthe

Poétesse invitée : Micheline Beaudry
Elle nous livrera son message et nous fera connaître sa poésie.

Une période d’échanges est prévue.

À quelques jours de la Saint-Valentin, venez vous amuser, rencontrer vos amis(es), partager votre passion! Apportez vos textes et votre bonne humeur : ça ne coûte rien et offrez-vous un petit réconfortant à bon prix.
BIENVENUE! Entrée gratuite …

Micheline Beaudry
Née à Montréal en 1942, Micheline Beaudry vit à Longueuil (Québec). Diplômée en philosophie et sciences sociales, elle a exercé sa profession en travail social avec une spécialité en psychiatrie. En 1985, elle a publié un essai sur la violence conjugale qui fut traduit en anglais. À la retraite, elle se consacre à la littérature dont la poésie, surtout l’écriture brève japonaise. Elle a participé à de nombreuses anthologies, à des recueils thématiques et à des revues de haïku. Ces dernières années, l’animation d’évènements haïkistes et d’ateliers littéraires en Montérégie ainsi que sa contribution au journal Gong (Association Française de Haïku) dont elle est correspondante pour le Canada diversifient son écriture.

Concours de musique du Choeur de la montagne, ONZIÈME ÉDITION

6 février 2010

Le Concours de musique classique du Choeur de la montagne se tiendra gratuitement devant public au Centre de formation artistique du Choeur de la montagne les 27 & 28 mars 2010.

Ce concours s’adresse aux jeunes artistes répartis en deux catégories : 7 à 14 ans et 15 à 21 ans. Il est ouvert aux résidents des MRC  Vallée-du-Richelieu, Lajemmerais et le Roussillon ainsi qu’aux élèves dont l’adresse de l’école d’apprentissage se situe dans l’une des villes et villages de la Commission scolaire des Patriotes.

Les bourses octroyées par diverses entreprises de la région totalisent 3 050$.  En plus d’avoir la possibilité de jouer en concert au Moulin Seigneurial et à la Montée de Arts de Mont-Saint-Hilaire et de s’exécuter devant quelque 1000 spectateurs, les lauréats vivront une expérience particulière car ils se produiront en première partie du «GRAND CONCERT MOZART» offert par le Chœur de la montagne et grand orchestre les 22 et 23 mai 2010 sous la direction musicale de Monsieur Julien Proulx.

Pour cette onzième édition du Concours de musique classique,  nous avons l’honneur de recevoir comme jury, monsieur Douglas Nemish, pianiste et pédagogue ainsi que monsieur Julien Proulx, chef d’orchestre et directeur musical duChoeur de la montagne.

Francine Lacroix, instigatrice et responsable de ce concours de musique classique qui favorise depuis déjà onze (11) ans la découverte de nombreux talents, est aussi directrice générale du Chœur de la montagne.  Pianiste et enseignante, elle a à cœur la formation musicale des jeunes et, par le biais de ce concours, désire donner une tribune aux jeunes, leur permettre de s’exprimer, de s’amuser et de s’intéresser à une forme d’art sans avoir à subir la pression de la perfection à tout prix.  Elle souhaite vivement que ce projet devienne une source de stimulation pour nos jeunes musiciens et qu’ils s’y inscriront en grand nombre.

La date limite pour s’inscrire est le vendredi, 12 mars 2010

Les formulaires d’inscriptions sont disponibles dès maintenant :

Site internet :  www.choeurdelamontagne.com.
Boisvert Musique Ltée, 531, boul Laurier, Beloeil 450-464-0918
Multi Électronique, 67, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, Beloeil 450-467-8273
Musée des beaux-arts, 150a, rue Du Centre-Civique, Mont-Saint-Hilaire, 450-536-3033

Renseignements : (514) 816-6577

Lara… et chocolats pour la Saint-Valentin à Villebon

4 février 2010

À l’approche de la Saint-Valentin, la Maison Villebon propose un menu savoureux avec la délicieuse auteure-compositrice-interprète Lara et les chocolats exquis du Petit Chocolatier, lors d’un concert gratuit et ouvert à tous le jeudi 11 février à 19h30.

Récipiendraire du trophée Guy Bel-Prix Révélation 2006 et du prix Guy Bel-Meilleur interprète féminin 2008Lara a fait connaître jusqu’en Suisse son style unique alliant le jazz, le rock et la nouvelle chanson francophone. Encouragée par de nombreux prix et bourses, Lara a exploré plusieurs styles musicaux pour trouver sa voie et développer un univers touchant et personnel empreint de passion et de sensualité.

Ouvert à tous!
Places limitées. Premiers arrivés, premiers assis.
Laissez-passer (quantité limitée) disponibles pour les Beloeillois(es) le mercredi 10 février, dès 18h. Détails à la bibliothèque municipale.

INFORMATION : www.beloeilsurlaculture.blogspot.com et 450 467-7872
La Boîte à musique reçoit Lara
Jeudi, 11 février à 19h30
À la Maison Villebon
630, rue Richelieu
Beloeil *voisine de la Bibliothèque et du Centre culturel

Bienvenue chez vous!

Les Génies créateurs  s’exposent

30 janvier 2010

C’est avec un grand plaisir que je nous vous invitons à participer au tout premier Salon Des Artisans du CDSL qui se tiendra les 5 et 6 février prochain.

Membres du personnel du CDSL, retraités, parents, élèves actuels ou anciens, amis et membres des familles se rassemblent pour créer cet événement haut en couleur où la créativité et l’imaginaire seront des invités de choix!

Ils exposeront et mettrons en vente leurs œuvres
AU SALON DES ARTISANS
du Collège Durocher Saint-Lambert
375, Riverside, Saint-Lambert

Vendredi 5 février de 15 h à 21 h
Samedi 6 février de 10 h à 17 h

Entrée gratuite

Cours d’art vocal avec Suzanne Raymond

28 janvier 2010

Des cours d’art vocal (pop ou classique) pour enfant, adolescent, adulte, sont donnés par une chanteuse professionnelle, professeure diplômée et 30 ans d’expérience (dont l’Opéra de Montréal).

Les intéressés sont invités à venir explorer et parfaire leur voix. Technique de respiration, pose de voix, interprétation, préparation pour audition, récital de fin d’année (facultatif). Il n’y a pas d’âge pour chanter, c’est une expérience enrichissante à vivre. Renseignements: 450.536.2781,
www.suzanneraymond.com,
www.myspace.com/suzanneraymond.

Suzanne Raymond offre une technique solide, composée d’exercices de respiration (le moteur de base) de vocalises, de pose de voix, adapté pour chaque étudiant. Une leçon d’une heure comprend une période de réchauffement, (exercices de respiration et vocaux) ainsi que l’interprétation, accompagnée au piano ou par une trame sonore qu’elle peut vous remettre pour pratiquer à la maison.

Elle offre aussi la possibilité de cours de théorie musicale et de solfège. Elle prépare ses élèves selon le cas, pour des auditions et des concours. A chaque fin d’année, au mois de juin elle présente sa classe de chant en récital (facultatif) en solo, en duo ou dans des ensembles.

Variations sur Villebon : Une exposition de photographies de François Gauthier à la Maison Villebon

27 janvier 2010

La Maison Villebon – Maison de la culture de Beloeil – est heureuse de convier le public à l’exposition Variations sur Villebon, regroupant une vingtaine de photographies du Beloeillois François Gauthier.

Ah! Si les murs de la Maison Villebon pouvaient parler… Depuis 1844, les saisons et les souvenirs s’y sont enchaînés comme autant de changements de rythmes et de tonalités; laissant tranquillement la Maison Villebon tracer sa propre histoire; sa propre ligne mélodique jusqu’à nos jours.

L’exposition Variations sur Villebon du photographe François Gauthier vagabonde dans tous les recoins de la Maison Villebon, pour en faire ressortir les trésors cachés, les ornementations, les mémoires… en autant de variations sur ce riche thème. C’est donc entre les murs mêmes de la maison ancestrale que le public en découvre les secrets les mieux gardés.

François Gauthier a notamment pris part aux ateliers dirigés à Beloeil par le photographe François Gagnon et participé à plusieurs expositions collectives à la Bibliothèque de Beloeil avec le Kilomètre-photo ainsi qu’à diverses expositions solo au Centre culturel de Beloeil. Plusieurs de ses photographies ont été choisies parmi les coups de cœur du public. Il collabore également à un catalogue illustré des œuvres se trouvant dans la Maison de Médard Bourgault de Saint-Jean-Port-Joli, avec André-Médard Bourgault. Enfin, il travaille  actuellement  sur un livre avec la peintre Suzanne Joubert.

L’exposition Variations sur Villebon est ouverte au grand public tous les dimanches de 13h à 16h, du 7 février (vernissage) au 28 mars inclusivement. Également les jeudis soirs, pour l’auditoire des spectacles seulement.
INFORMATION : www.beloeilsurlaculture.blogspot.com
et 450 467-7872

La nouvelle saison de la Maison Villebon part du bon pied avec WELLY !

26 janvier 2010

La nouvelle saison démarre en grand à la Maison Villebon avec la venue du groupe WELLY lors d’une veillée gratuite et ouverte à tous le jeudi 4 février à 19h30.

Inspiré par le légendaire conteur des veillées de Saint-Côme, Guillaume « Welly » Lepage, le groupe WELLY, composé du violoniste de la Bottine souriante David Boulanger et de trois de ses acolytes, met de l’avant un fascinant amalgame de voix, de podorythmie, de flûte, de banjo et de guitare, inspiré du folk et de la musique traditionnelle québécoise. Un son à la fois bien ancré dans nos racines et résolument contemporain, qui vous fera taper du pied à coup sûr ! On retrouve également au sein du groupe Welly Mia Lacroix, originaire de la région et membre de Galant tu perds ton temps.

Ouvert à tous!
Places limitées. Premiers arrivés, premiers assis.
Laissez-passer prioritaires (quantité limitée) disponibles pour les Beloeillois(es) le mercredi 3 février, dès 18h.
Détails à la bibliothèque municipale.

INFORMATION : www.beloeilsurlaculture.blogspot.com et 450 467-7872

Une veillée à Villebon avec Welly
Jeudi, 4 février à 19h30
À la Maison Villebon
630, rue Richelieu
Beloeil *voisine de la Bibliothèque et du Centre culturel

Bienvenue chez vous!

Bibliothèque de Belœil, Exposition de photographies

25 janvier 2010

Bienvenue à tous au vernissage de l’exposition de photographies « Livres, lectures et rêveries le » dimanche 31 janvier 2010 dès 13 h 30 à la bibliothèque de Belœil. Cette exposition est une initiative de la directrice de la bibliothèque Johanne Guevremont et de François Gagnon, photographe professionnel et animateur d’événements photos.

L’objectif est de rassembler un groupe de photographies sur le thème des livres en tant qu’objets, sur leur contenu, leur page couverture, sur les bibliothèques en tant qu’objets de rangement ou en tant que lieu ouvert sur l’univers de la lecture. Lecteurs, lieux de lecture, livres en mouvement ou simplement empilés…

Tous sont invités à venir rencontrer les photographes Josée Demers, Kim Paquet, Christine Desrosiers, François Gauthier, Emmanuelle Brière, Marie-José Toth, Vincent Paquet, Nicole Gilbert, Giselle Savoie, Ginette Dagenais, Lucie Doyle, Luc Roy, Marie-Josée Bacle et Patricia Boë et parler photo avec ces passionnés de l’image. L’exposition se poursuivra jusqu’au 21 mars 2010 aux heures d’accueil de la bibliothèque.

L’exposition est sous la coordination de François Gagnon, le photographe des livres La Vallée-du-Richelieu et Saint-Hyacinthe et sa région. Pour se joindre aux activités photo de la saison hivernale du samedi ou du vendredi animées par François Gagnon: 450.446.6455.

Visiter le site: www.francoisgagnonphotographe.com.

Saint-Basile-le-Grand: poètes recherchés pour la Soirée harpe et poésie

23 janvier 2010

Tous les amateurs de poésie sont invités à venir partager leur amour des mots lors de la 8e édition de la Soirée harpe et poésie de Saint-Basile-le-Grand.

Pour ce faire, nous sommes à la recherche de talents cachés, de fines plumes qui pourraient venir réciter leurs créations. Si cette activité, s’adressant à tous les âges, vous intéresse, communiquez avec M. Pierre Poulin-Piel, poète au 450.653.8299 avant le 1er mars 2010.

La Soirée harpe et poésie est organisée par le Service des loisirs, de la culture et de la vie communautaire de la ville de Saint-Basile-le-Grand. Elle se tiendra le vendredi 30 avril à 19 h 30 au centre civique Bernard-Gagnon, situé au 6, rue Bella-Vista. Aucun coût n’est exigé pour votre participation et votre présence. Information: Service des loisirs, de la culture et de la vie communautaire au 450.461.1298, www.ville.saint-basile-le-grand.qc.ca.

Les trois rois manqués, conte de Kees Vanderheyden

21 janvier 2010

Le jour des Rois, les trois frères, Albert, Bernard et Charles étaient réunis avec leurs épouses, les trois soeurs Françoise, Suzanne et Isabelle, pour célébrer la fête des Rois. Ils avaient tous déjà un âge respectable, mais ils étaient pleins d’énergie et d’entrain. La maison d’Albert de Françoise, où ils étaient réunis, respirait la fête traditionnelle.

Les trois soeurs avaient préparé pour leurs maris le gâteau des Rois et une bonne provision de vin épicé, breuvage traditionnel des Rois. Sur le bureau attendaient la couronne du roi et de la reine, dont les élus seraient révélés plus tard. Les hommes étaient sortis sur la galerie pour accrocher l’étoile des Rois Mages, pendant que leurs épouses mettaient la table.

Le drame !

Hélas, le sort a voulu que pendant que les trois lurons attachaient tranquillement la belle étoile éclairée, un vilain coup de vent hurlant leur ait coupé la tête, net, sec. Les trois têtes flottaient maintenant, légères et surprises, hors de portée de tous, vers une destination inconnue.

Le sang-froid des trois soeurs

Les épouses bien-aimées entendirent le coup de vent, se précipitèrent dehors et découvrirent, horrifiées que leurs maris avaient perdu la tête. Ils étaient assis là, raccourcis, sans sang ni drame. Après un moment de panique, les trois soeurs reprirent leurs esprits et installèrent leurs bien-aimés sur le sofa dans le salon. Après avoir pleuré toutes les larmes de leurs corps, elles ont repris leur calme. Elles décidèrent de faire de mauvaise fortune bon coeur. Françoise se leva :

- Suzanne et Isabelle, il n’y aura pas de Fête des Rois, mais profitons du fait que nos maris ne peuvent plus faire à leurs têtes pour en faire des hommes presque parfaits.
- Au boulot, répondirent les trois, avant de retourner chez elles avec leurs rois manqués.

Une oeuvre de correction

Les trois soeurs se mirent au travail. Françoise se rendit compte que son Albert avait quand même perdu un peu d’énergie dans cette aventure tragique. Il avait tendance à se pencher et à s’asseoir tout le temps. Elle décida donc, après avoir consulté ses soeurs, d’acheter une bonbonne d’hélium et une boîte de ballons. Puis elle attacha un ballon bien gonflé à la place de la tête de son mari. Ainsi, tiré vers le haut, Albert se tenait bien énergique debout. Il lui arrivait de temps en temps de faire éclater le ballon quand il s’accrochait au lustre du salon, mais Françoise avait une bonne provision de ballons.

Il fallait maintenant apporter une bonne correction à son mari. Françoise décida que son Albert devait apprendre un art qu’il n’avait jamais voulu pratiquer : faire la vaisselle. Avec tact et patience, elle aidait son époux à faire tremper la vaisselle et à laver verres, tasses, assiettes et casseroles. Son homme cassait bien quelques assiettes au début de son entraînement, mais bientôt, il pratiquait à la perfection cet art précieux. Il savait même essuyer la vaisselle qui brillait désormais comme des soleils. “Quel beau triomphe pour un homme”, se dit fièrement Françoise. En plus, la maison ne sentait plus le cigare et elle pouvait désormais regarder ses émissions préférées au lieu d’avoir à endurer les innombrables joutes de hockey, de football et de baseball.

Chez Suzanne, la bonification du mari se passait plutôt bien. Bernard avait simplement un peu de difficulté à s’orienter dans la maison, vers la toilette ou vers la cuisine. Une idée vint à Suzanne d’installer une boussole à la place de la tête de son mari pour l’aider à trouver son chemin. Le truc fonctionnait, mais Bernard avait quand même tendance à choisir le Nord ou à se diriger vers le garage où se trouvait sa voiture sport dont il aimait tant autrefois de bricoler le moteur.

Suzanne avait un projet audacieux. Elle apprendrait à son homme une mécanique plus délicate et plus sophistiquée que les manoeuvres de mécanicien. Il apprendrait à repasser. C’était tout un défi d’amener Bernard devant la planche à repasser pour qu’il y glisse délicatement le fer chaud sur les draps, les blouses, les chemises, les jupes, les pantalons. Au début, il repassait des pièces à l’envers, ou brûlait un trou dans une chemise, mais avec patience Suzanne lui apprit à repasser comme un expert. Il apprit même à plier le linge. “Voilà un homme de sauvé”, se dit Suzanne tout attendrie.

Grâce à Isabelle, Charles, le plus jeune, découvrit aussi un nouvel art, que peu d’hommes maîtrisent. Avant de perdre la tête, il était toujours assis devant son ordinateur pour explorer le net, découvrir mille nouveautés en politique, géographie et humour. Il parlait même une langue obscure où Isabelle entendait des mots barbares comme downloader, pdf, jpeg, format, htlm. C’était fini maintenant pour Charles, ces excursions en solitaire sur internet. Il allait faire d’autres excursions qu’il avait négligées jusqu’ici : le magasinage.

Isabelle était d’avis qu’il manquait à son mari l’art de l’accompagnement de son épouse pour le magasinage. Elle ne ferait plus l’épicerie seule, ne ferait plus les excursions chez Winners ou Simons sans son compagnon. Elle s’attendait à ce que les gens regardent cet homme sans tête avec étonnement, mais son amour l’emportait et elle faisait désormais le magasinage, fièrement, avec un mari raccourci mais combien patient.

Les trois soeur étaient contentes de leur travail d’amélioration de leurs époux. Elles avaient désormais le temps de lire, de regarder des émissions instructives et d’écouter de la musique romantique. Définitivement un mari sans tête avait ses bons côtés.

Le long voyage

Pendant ce temps, de plus en plus loin des tracas de leurs bien-aimées, les têtes des trois frères voguaient dans le vaste espace vers une destination mystérieuse. Au début, ils avaient eu pas mal de plaisir. Plus légers que des plumes et loin des regards et des oreilles de leurs épouses, Albert, Bernard et Charles avaient vidé leurs sacs de blagues croustillantes. Mais la griserie s’était lentement dissipée, leurs visages pâles étaient devenu rose pâle et l’air se faisait de plus en plus frais. Ils avaient commencé à se poser des questions graves. Où étaient-ils? Où étaient donc rendus leur corps?

Albert, l’aîné et le plus sage avait conclu que la main de Dieu était venu les chercher et qu’ils étaient en route vers le paradis, qui se trouvait quelque part loin derrière les nuages. L’idée du paradis ne leur déplaisait pas, mais les maris n’étaient pas sûrs que le ciel sans leurs épouses serait bien agréable. Quoi faire ? Les trois têtes ne voyaient pas d’autres solutions concrètes que de se laisser filer vers l’inconnu. Le voyage était tellement long et monotone qu’ils s’étaient endormis, jusqu’au moment où un ange les avait réveillés tout près de la porte du paradis.
Soulagés d’être arrivés à destination, ils voulaient entrer par la grande porte, mais l’ange leur bloqua poliment l’entrée.

- Je m’excuse, avait-il (ou elle) dit, vous ne pourrez entrer ici que quand votre corps sera arrivé. On n’accueille pas les gens à moitié au paradis. Vous avez vécu avec vos corps, vous recommencerez ici avec votre corps. Un corps plus beau, bien entendu.

Interloqué, Albert demanda ce qu’ils devaient faire alors en attendant. Puis Bernard plaida la cause des épouses abandonnées en disant qu’elles méritaient un coup de pouce pour endurer leur misère.

La longue Quarantaine

L’ange les rassura avant de les amener au gros nuage rose de la Quarantaine, où attendaient quelques autres têtes, presque toutes en provenance de pays où l’on pratiquait encore la peine de la décapitation. Personne ne savait combien de temps pouvait durer l’attente, car l’heure du retour des corps était décidée en haut. Heureusement qu’un ange venait régulièrement chercher une tête perdue pour l’amener à la porte du paradis pour le grand rafistolage.

Albert, Bernard et Charles menaient une vie douillette sur leur nuage rose. Ils admiraient à travers la clôture du paradis, des arbres majestueux, des fleurs de toutes couleurs et la gamme de tons des nuages du paradis. Ils commençaient à avoir un coeur de poète et passaient leur temps d’attente à réciter des textes inspirés par la nature. Puis, ils entendaient les chants et la musique faits par les anges et les bienheureux musiciens. Ils apprenaient même ensemble à faire de petits choeurs mélodieux.

Mais rien ne pouvait les consoler de l’absence de leurs épouses ou du silence de leur voix. Ils avaient épuisé leurs blagues, découvert la poésie et la musique, mais le temps était terriblement long et lourd à porter. Ils guettaient sans cesse pour voir les ailes de l’ange qui pointait de temps en temps pour venir chercher une tête chanceuse.

Très loin, sur la terre, les trois soeurs n’avaient plus à convaincre des “têtes dures”, pouvaient faire pas mal ce qu’elles voulaient, mais le grand silence dans lequel le triste sort les avait plongées était plus lourd que la pire bagarre de ménage. Courageusement, pendant de longues années, les trois soeurs ont inventé des plans pour aider leurs maris et elles ont cherché des activités pour oublier les moments difficiles. Mais, Albert ne fredonnait plus des chansons d’amour, Albert ne disait plus de mots doux à l’oreille de Suzanne, Charles ne parlait plus des découvertes qu’il avait faites sur internet. Les maris étaient silencieux comme les statues dans le parc ou les poissons dans un aquarium. Quelle tristesse.

Enfin, les retrouvailles

Il faut croire que l’ange de la Quarantaine avait bien transmis les supplications des trois têtes. Sur la terre, un à un, leurs trois corps ont croulé sous le poids de l’âge et ont quitté la terre pour rejoindre leurs têtes qui attendaient impatiemment. Les trois maris soulagés ont alors trouvé une place de choix au paradis. Mais leur bonheur n’était pas complet aussi longtemps qu’ils ne pourraient pas voguer parmi les nuages du paradis avec leurs chères épouses.

Heureusement que la vie sur la terre fait bien les choses et ne s’étire pas indéfiniment. Françoise, Suzanne et Isabelle ont donc fini par frapper, elles aussi, à la grande porte du paradis où elles ont enfin retrouvé leurs chers Albert, Bernard et Charles. Quel spectacle ! Quel bonheur! Chaque homme enfin avec la tête bien soudée sur un corps rafraîchi, le regard vif, le sourire aux lèvres. Les femmes étaient splendides, et les hommes, beaux comme des étoiles, chantaient comme des anges et aimaient la beauté.

Finis les silences, les peines cachées, la solitude. Oubliés la boussole fixée au nord et le ballon léger. Oubliés la vaisselle, le repassage, les excursions à l’épicerie. Les trois couples ont, enfin, pu fêter, dans la joie, la fête des Rois.

Vous savez, le paradis résonne encore des joyeuses conversations des trois frères et des trois soeurs, qui ont découvert que rien ne valait mieux qu’une tête sur les épaules.

Si seulement nous pouvions apprendre qu’il est parfois bon de faire à sa tête.

Kees Vanderheyden Mont-Saint-Hilaire